Dans les maisons de campagne ou les greniers isolés, il arrive de trouver des crottes de rongeurs sans savoir à qui elles appartiennent. Parmi les coupables possibles, le loir se distingue par ses habitudes nocturnes et ses déjections caractéristiques. En tant que spécialiste du comportement animal, j’ai souvent été confronté à des propriétaires inquiets face à ces petites traces sombres. Voici donc un guide complet pour identifier la crotte de loir, comprendre ce qu’elle révèle, et savoir comment agir sans nuire à cet animal protégé.
Le loir : un discret habitant de nos greniers
Avant d’analyser ses crottes, il faut comprendre qui est le loir. Ce petit rongeur, appelé loir gris (Glis glis), appartient à la même famille que le lérot et le muscardin. Il mesure une trentaine de centimètres, queue comprise, et se distingue par son pelage gris argenté et ses grands yeux noirs.
Animal nocturne, le loir vit principalement dans les zones boisées, mais il s’invite parfois dans les greniers, combles ou cabanons, où il trouve chaleur et tranquillité. Il hiberne de longs mois pendant l’hiver, laissant souvent derrière lui quelques crottes séchées comme unique trace de son passage.
À quoi ressemble une crotte de loir ?
Reconnaître une crotte de loir n’est pas difficile à condition d’observer certains critères bien précis.

Forme et taille
Les crottes de loir mesurent environ 5 à 10 millimètres de long pour 2 à 3 millimètres de large. Leur forme est cylindrique, légèrement effilée aux extrémités. Elles sont souvent comparées à des grains de riz noirs.
Couleur et texture
Elles sont noires à brun foncé, lisses et très sèches. Contrairement à celles des rats ou des souris, elles ne collent pas et s’émiettent facilement une fois sèches. Leur texture homogène trahit un régime alimentaire omnivore, composé de fruits, graines, bourgeons et parfois d’insectes.
Répartition
Le loir a tendance à déposer ses crottes le long de ses trajets habituels : poutres, recoins de greniers, isolants, ou autour de son nid. On en retrouve rarement de grandes quantités regroupées, contrairement aux rats dont les déjections s’accumulent en amas.
Différences entre crottes de loir et crottes d’autres rongeurs
Les confusions sont fréquentes, mais quelques indices permettent de distinguer les crottes de loir de celles d’autres espèces.
| Animal | Taille moyenne | Forme | Texture | Lieu typique |
|---|---|---|---|---|
| Loir | 5 à 10 mm | Cylindrique, sèche | Dure, lisse, friable | Combles, charpentes |
| Rat | 10 à 20 mm | Allongée, extrémités arrondies | Humide, compacte | Sols, caves |
| Souris | 3 à 6 mm | Pointue à une extrémité | Sèche, légère | Placards, recoins de cuisine |
| Lérot | 6 à 8 mm | Cylindrique, brillante | Légèrement collante | Greniers, toitures |
Le principal indice reste la position : les crottes de loir sont souvent visibles dans les hauteurs, alors que celles des rats et souris se retrouvent surtout au sol.
Pourquoi trouve-t-on des crottes de loir chez soi ?
La présence de crottes de loir indique généralement qu’un ou plusieurs individus ont élu domicile dans le bâtiment. Ces animaux recherchent :
- La chaleur et le calme des greniers ou isolations
- Une source de nourriture (fruits secs, graines, câbles isolés…)
- Des abris sûrs pour se reproduire ou hiberner
Contrairement aux rats, les loirs ne vivent pas dans les égouts. Leur présence n’est pas un signe d’insalubrité, mais plutôt un indicateur d’un habitat ancien ou situé près d’une zone boisée.
Les risques liés aux crottes de loir
Dégâts matériels
Les loirs ne transmettent pas de maladies graves, mais ils peuvent provoquer des dégâts considérables :
- Grignotage des câbles électriques et gaines isolantes
- Dégradation de la laine de verre ou de chanvre
- Bruits nocturnes gênants dans les combles
Leurs crottes, quant à elles, peuvent salir les isolants et dégager une légère odeur avec le temps, surtout si l’humidité s’installe.
Risques sanitaires
Les excréments de loir ne sont pas considérés comme porteurs de pathogènes dangereux pour l’homme. Néanmoins, par précaution, il est conseillé de porter des gants et un masque lors du nettoyage, notamment pour éviter d’inhaler des poussières contaminées par les urines ou moisissures.
Comment réagir face à des crottes de loir ?
Le loir est une espèce protégée en France. Il est donc interdit de le capturer, blesser ou tuer. En revanche, il est possible de l’éloigner naturellement.
Étapes à suivre
- Repérer les zones d’activité (crottes, bruit, odeurs).
- Boucher les accès une fois sûr qu’aucun loir n’est à l’intérieur.
- Installer des répulsifs naturels : huiles essentielles (menthe poivrée, eucalyptus), bruit léger, lumière.
- Nettoyer les déjections avec des gants, un masque et un désinfectant doux.
En cas d’infestation importante, mieux vaut contacter un spécialiste de la faune protégée ou une société de dératisation agréée qui saura intervenir sans enfreindre la loi.
Pourquoi ne pas paniquer ?
Trouver des crottes de loir n’est pas synonyme de danger. Ces animaux sont des indicateurs d’un écosystème sain et participent à la régulation naturelle des insectes et des petits invertébrés. Leur présence est souvent temporaire, surtout en dehors de la période d’hibernation.
Les éloigner sans les nuire reste la meilleure approche. Et si l’on s’y prend bien, ils finissent par quitter les lieux d’eux-mêmes.
Foire aux questions (FAQ)
Comment reconnaître une crotte de loir ?
Les crottes sont petites, noires, lisses et cylindriques. Elles mesurent entre 5 et 10 mm et s’émiettent légèrement lorsqu’elles sont vieilles.
Où les trouve-t-on le plus souvent ?
Principalement dans les combles, greniers, faux plafonds ou murs isolés. Les loirs aiment les endroits calmes et sombres.
Les crottes de loir sont-elles dangereuses ?
Non, elles ne sont pas toxiques, mais il vaut mieux éviter le contact direct. Portez des gants et nettoyez avec précaution.
Quelle différence avec les crottes de rats ?
Celles des rats sont plus longues, humides et arrondies. Celles du loir sont sèches et plus fines.
Comment faire partir un loir naturellement ?
Fermez les accès, utilisez des répulsifs naturels (menthe poivrée, ultrasons), et évitez de les déranger pendant la journée. Ils partiront d’eux-mêmes.
Peut-on garder du guano de loir comme engrais ?
Non, les crottes de loir ne sont pas adaptées à cet usage, contrairement à celles de chauve-souris.






